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"Educations à" : analyse critique d’une évolution curriculaire

Quand ? Le 11/04/2017,
de 14:00 à 17:00
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Dans le cadre de cette séance nous recevons Alain Beitone (Professeur honoraire de sciences économiques et sociales , membre du Groupe de recherches sur la démocratisation scolaire), pour une intervention sur le thème « "Educations à" » : analyse critique d’une évolution curriculaire » (voir résumé ci-dessous), puis nous écouterons Mellila Bakha pour un compte rendu des débats du colloque « Inégalités : quelles contributions des éducations à... ? » qui s’est tenu à Hammamet (Tunisie) en mars 2017.

 

Alain Beitone : « "Educations à" » : analyse critique d’une évolution curriculaire »

On assiste à un essor des « Educations à » dans le système éducatif : Educations à la citoyenneté, à la santé, au développement durable, à la sexualité, au vivre ensemble, à la sécurité routière, etc. Cet essor est encouragé par les responsables des institutions scolaires notamment parce que les « Educations à » sont le cadre d’innovations pédagogiques et de remise en cause de la forme scolaire considérée comme obsolète.

Dans le même temps, la recherche en éducation est le cadre de multiples travaux, colloques, ouvrages, etc. Nombre de ces publications visent à promouvoir, à développer, à accompagner, l’inflexion curriculaire que constituent les « Educations à ».

Un recul critique serait cependant nécessaire. Les « Educations à » peuvent en effet être questionnées d’au moins trois points de vue :

  • Un point de vue épistémologique. Les « Educations à » reposent souvent sur une articulation problématique entre valeurs et savoirs, ce qui conduit à la fois à un risque de relativisme et à un risque d’imposition d’une orthodoxie socio-politique qui n’est pas mise en débat, alors que l’on se propose de former l’esprit critique des élèves.

  • Un point de vue pédagogique et didactique. Les « Educations à », sous prétexte de traiter des « questions socialement vives », remettent en cause le cadre disciplinaire des apprentissages, brouillent les frontières entre savoirs sociaux et savoirs scolaires et sont susceptibles de ce fait de multiplier les malentendus des apprentissages, sources de difficultés pour les élèves, en particulier sur ceux qui sont les moins connivents avec l’institution scolaire.

  • Un point de vue relatif aux finalités de l’institution scolaire. Les « Educations à » apparaissent comme une composante de la reconfiguration de l’institution scolaire mise au service de l’apprentissage des « compétences pour la vie » au détriment de la transmissions de savoirs qui permettraient aux élèves de construire un rapport instruit à la nature et à la société.